Woking passe à la vitesse supérieure. McLaren, le constructeur britannique de supercars, poursuit résolument sa transformation en accélérant sur le terrain de l’hybridation. Après l’Artura, première supercar hybride rechargeable de série de la marque, et l’annonce d’un nouveau modèle V8 hybride pour 2028, le constructeur confirme que l’avenir de la performance ultime passera par l’association du thermique et de l’électrique. Une stratégie ambitieuse qui ne renonce à rien : ni au poids plume, ni aux sensations pures.
Artura Spider : l’hybride découvrable franchit un cap
Le premier jalon de cette offensive est la McLaren Artura Spider, dévoilée récemment comme le nouveau fleuron de la gamme. Cette version découvrable de l’Artura, la première Spider hybride de la marque, reprend la philosophie technique du coupé tout en ajoutant une dimension sensorielle supplémentaire.
Sous le capot arrière, on retrouve l’impressionnant groupe motopropulseur hybride : un V6 biturbo de 3,0 litres développant 585 chevaux, associé à un moteur électrique de 95 chevaux. L’ensemble délivre une puissance cumulée de 680 chevaux et 720 Nm de couple. Les performances sont à la hauteur des ambitions : 0 à 100 km/h en 3,0 secondes et 0 à 200 km/h en 8,4 secondes pour une vitesse de pointe de 330 km/h .
La batterie lithium-ion de 7,4 kWh offre une autonomie électrique de 34 km, permettant de circuler en mode zéro émission en centre-ville. Mais l’intérêt principal réside ailleurs : le système hybride sert avant tout à gommer le temps de réponse du turbo et à offrir une accélération instantanée digne des meilleures sportives.
Le toit rigide rétractable s’ouvre ou se ferme en seulement 11 secondes, même en roulant jusqu’à 50 km/h. Une prouesse technique qui transforme radicalement l’expérience de conduite, en laissant pleinement s’exprimer la sonorité du V6.
Le V8 hybride : le remplaçant de la 750S en préparation

Mais l’Artura n’est que la partie émergée de l’iceberg. McLaren prépare activement le successeur de la 750S, qui adoptera lui aussi une motorisation hybride. Selon des informations confirmées par des sources proches du constructeur, ce nouveau modèle phare, attendu pour 2028, embarque un V8 hybride développant une puissance qui pourrait dépasser les 800 chevaux .
Cette décision marque un tournant. Jusqu’à présent, McLaren réservait l’hybridation à ses modèles d’entrée de gamme (Artura) et à ses hypercars d’exception (P1, Speedtail). Avec ce futur V8 hybride, le constructeur franchit un cap en électrifiant son cœur de gamme, celui des supercars les plus vendues.
L’objectif est clair : conserver l’âme McLaren — légèreté, agilité, sensations — tout en répondant aux exigences des normes environnementales et aux attentes d’une clientèle de plus en plus sensible à la sobriété sans renoncer aux performances. En apprendre davantage en cliquant ici.
Un héritage hybride qui remonte à la P1
Cette accélération sur l’hybridation ne sort pas de nulle part. McLaren cultive l’expertise des motorisations hybrides depuis plus d’une décennie. La McLaren P1, hypercar légendaire dévoilée en 2012, était déjà équipée d’un système hybride KERS (système de récupération d’énergie cinétique) directement inspiré de la Formule 1. Avec ses 916 chevaux combinés et son mode 「Pure EV」, elle a ouvert la voie à toute une génération.
Aujourd’hui, c’est une approche industrialisée et globalisée que McLaren déploie. L’hybride n’est plus réservé à des séries limitées à 375 exemplaires ; il équipe désormais les modèles de série et prépare l’avenir du constructeur.
Pourquoi l’hybride plutôt que le 100 % électrique ?
McLaren fait le choix assumé de l’hybridation comme technologie de transition durable, sans précipiter le passage au tout-électrique. Une décision pragmatique qui s’explique par plusieurs facteurs.
D’abord, la préservation du poids. Dans l’univers des supercars, chaque kilogramme compte. Les batteries des véhicules 100 % électriques alourdiraient considérablement les modèles, au détriment de l’agilité et du plaisir de conduite — des valeurs sacrées à Woking. En optant pour des batteries de capacité modérée (7,4 kWh sur l’Artura), McLaren maintient un poids contenu et une dynamique de caisse irréprochable.
Ensuite, l’expérience sensorielle. Le bruit du moteur thermique, les vibrations, la réponse instantanée de l’accélérateur : autant d’éléments qui font l’ADN d’une supercar et que le tout-électrique ne peut pas restituer. En développant des hybrides, McLaren préserve cette émotion pure tout en apportant les bénéfices de l’électrique : silence en ville, boost de puissance à la demande, et réduction des émissions.
Enfin, une stratégie d’attente. Le marché des supercars électriques reste encore balbutiant, et les infrastructures de recharge ne sont pas toujours adaptées à ce type de véhicules. McLaren observe, apprend, et prépare son premier modèle 100 % électrique — mais sans se précipiter.